Pourquoi cet équipement est imposé
Le taxi est un véhicule réglementé. Contrairement au VTC, il a le droit de prendre des clients à la volée dans la rue (la maraude) et de stationner sur des emplacements réservés. En contrepartie, l'État impose une liste précise d'équipements destinés à protéger le client : il doit pouvoir identifier un vrai taxi, connaître le prix avant de monter et vérifier que le tarif appliqué est le tarif officiel.
Cette liste figure à l'article R3121-1 du Code des transports. Elle s'applique à tout véhicule affecté à l'activité de taxi, partout en France. À côté de ce socle national, chaque préfecture fixe des règles locales (tarifs, couleur, parfois équipements complémentaires). Pour le détail de votre département, le bon interlocuteur reste la préfecture, jamais une source nationale.
Si vous découvrez le métier, commencez par le panorama d'ensemble dans devenir taxi et les conditions pour devenir chauffeur de taxi. L'équipement vient une fois la carte professionnelle et l'autorisation de stationnement (ADS) obtenues.
Le taximètre, pièce maîtresse
Le taximètre, ou compteur horokilométrique homologué, calcule le prix de la course en combinant le temps écoulé et la distance parcourue. C'est l'équipement le plus encadré, parce qu'il touche directement au porte-monnaie du client.
Trois points à retenir :
- Il doit être homologué et conforme aux prescriptions de la métrologie légale. Vous ne pouvez pas installer n'importe quel boîtier.
- Il fait l'objet d'une vérification périodique annuelle, réalisée par un organisme agréé par le préfet. Le contrôle comprend un examen visuel et des essais métrologiques. Une fois validé, une vignette verte est apposée sur le taximètre, visible par le client.
- Vous devez tenir et conserver un carnet métrologique, qui retrace l'historique de l'appareil. La police, la DREAL ou la DREETS peuvent le demander lors d'un contrôle.
Le taximètre est relié aux tarifs officiels de votre département. Quand la préfecture publie son arrêté tarifaire annuel, le compteur doit être reparamétré par un installateur agréé. Le détail du fonctionnement, des couleurs de tarif (A, B, C, D) et de la prise en charge est traité dans le guide comprendre les tarifs taxi et le compteur.
Ordre de grandeur budgétaire : l'achat et la pose d'un taximètre avec ses périphériques se chiffrent en plusieurs centaines d'euros, et la vérification annuelle se compte en dizaines d'euros. Ces montants varient selon le modèle, l'installateur et la région. Demandez plusieurs devis avant de choisir.
Le dispositif lumineux
Le lumineux est le signe extérieur qui porte la mention « TAXI », fixé sur le toit du véhicule. C'est lui qui rend le taxi reconnaissable de loin.
La règle de couleur est fixée par le Code des transports :
- Vert quand le taxi est libre.
- Rouge quand il est en charge ou réservé.
Le lumineux est souvent couplé électriquement au taximètre : quand le chauffeur enclenche le compteur, le toit passe au rouge automatiquement. Certaines villes imposent en plus un numéro ou un marquage spécifique sur le lumineux. Là encore, c'est une donnée locale à vérifier auprès de la préfecture qui a délivré votre ADS.
La plaque ADS
La plaque de stationnement est fixée au véhicule et visible de l'extérieur. Elle indique le numéro de l'autorisation de stationnement et son ressort géographique, c'est-à-dire la commune ou la zone où l'ADS donne le droit de prendre des clients à la volée.
Cette plaque matérialise votre droit d'exercer. Sans ADS, pas de plaque, pas de taxi. L'autorisation s'obtient soit gratuitement via une liste d'attente en mairie, soit en rachetant une ADS existante, soit en louant. Ces trois voies sont détaillées dans licence ADS taxi, obtenir une ADS gratuite, acheter une ADS et louer une ADS en locataire-gérant.
Imprimante, terminal de paiement et horodateur
Trois équipements complètent le tableau de bord réglementaire.
L'imprimante est connectée au taximètre. Elle édite automatiquement la note remise au client. Pour les courses d'un montant supérieur ou égal à 25 euros TTC, la note imprimée est obligatoire. En dessous de 25 euros, elle reste facultative mais doit être fournie si le client la demande. La note doit comporter plusieurs mentions : date, heures de début et de fin de course, nom ou raison sociale du chauffeur, numéro d'immatriculation du véhicule, adresse de réclamation, montant de la course minimum et prix total toutes taxes comprises hors suppléments.
Le terminal de paiement électronique (TPE) doit être en état de fonctionnement et visible du client. Le taxi est tenu d'accepter la carte bancaire. C'est une obligation, pas une option commerciale.
L'horodateur homologué enregistre les heures de service. Il n'est exigé que si le taximètre n'assure pas déjà cette fonction. Sur les appareils récents, le taximètre fait office d'horodateur, ce qui rend un boîtier séparé inutile.
Les affichages obligatoires
Au-delà des boîtiers, le taxi doit afficher certaines informations à la vue du client.
À l'intérieur, l'exploitant affiche les tarifs pratiqués de façon très apparente : prise en charge, tarif kilométrique, tarif horaire d'attente et de marche lente, et tous les suppléments autorisés. Une affiche signale au client qu'il peut demander que la note mentionne son nom, ainsi que les lieux de départ et d'arrivée. Ces obligations d'affichage découlent notamment de l'arrêté du 3 décembre 1987 et des contrôles de la DGCCRF.
Le contrôle technique annuel
Le taxi transporte des clients et roule beaucoup. Son contrôle technique est annuel, à renouveler tous les 12 mois, alors qu'une voiture particulière passe le contrôle tous les deux ans après le premier. Un contrôle technique périmé peut entraîner une amende, la rétention du certificat d'immatriculation, voire l'immobilisation du véhicule, ce qui suspend de fait votre activité.
Pensez ce contrôle comme un rendez-vous fixe de l'année, au même titre que la vérification du taximètre. Pour le choix du véhicule lui-même (motorisation, nombre de places, critères pratiques), reportez-vous à quel véhicule choisir pour être taxi.
Récapitulatif des équipements
Pour rouler en règle, votre taxi doit réunir :
- Un taximètre homologué, vérifié chaque année, avec vignette verte et carnet métrologique.
- Un lumineux « TAXI » vert en libre, rouge en charge.
- Une plaque ADS visible de l'extérieur, avec numéro et ressort géographique.
- Une imprimante reliée au taximètre pour la note client.
- Un terminal de paiement en fonctionnement et visible.
- Un horodateur, sauf si le taximètre remplit déjà cette fonction.
- Les affichages tarifaires à l'intérieur du véhicule.
- Un contrôle technique à jour, renouvelé tous les ans.
Combien ça coûte et comment financer
Le budget équipement s'ajoute à l'achat ou à la location du véhicule et, surtout, au coût d'accès à l'ADS qui pèse bien plus lourd. Comptez l'installation initiale (taximètre, lumineux, plaque, TPE, imprimante) en plusieurs centaines à quelques milliers d'euros selon la configuration, puis les contrôles récurrents chaque année. Ces fourchettes dépendent fortement du matériel et de la région : faites établir des devis locaux.
Pour vous projeter sur l'ensemble des coûts et des revenus, utilisez le simulateur et lisez combien gagne un chauffeur de taxi ainsi que charges et cotisations du chauffeur de taxi. Le statut sous lequel vous exercez est expliqué dans le statut d'artisan taxi.
Et avant l'équipement : la formation et l'examen
Acheter le matériel n'a de sens qu'une fois la carte professionnelle en poche. Celle-ci passe par un examen, dont le déroulé est détaillé dans examen taxi, les épreuves et le déroulé, réussir l'épreuve pratique et le programme du tronc commun T3P. Pour la prise en charge des frais, voyez financer sa formation taxi (CPF, France Travail) et trouvez un organisme dans l'annuaire des centres de formation.
Si vous hésitez encore entre les deux métiers, le comparatif taxi ou VTC et le guide se reconvertir dans le taxi vous aideront à trancher. Un doute sur un terme (ADS, maraude, ressort, conventionnement) se lève dans le dictionnaire.
Côté activité conventionnée, le transport de patients pour le compte de l'Assurance maladie suppose des démarches en plus : voir se conventionner avec la CPAM et le transport assis professionnalisé (TAP).
Dernier rappel : les chiffres précis (tarifs, suppléments, couleur réglementaire du véhicule) sont fixés localement et évoluent chaque année. Avant tout achat, confirmez les règles applicables auprès de la préfecture de votre département et, le cas échéant, de la chambre de métiers et de l'artisanat (CMA).
Sources