Un examen en deux blocs : tronc commun et spécifique
L'examen d'accès à la profession de chauffeur de taxi est un examen national, organisé par les Chambres de métiers et de l'artisanat (CMA). Son programme est fixé par arrêté ministériel. Il se découpe en deux grandes phases.
La première est l'admissibilité : des épreuves écrites théoriques. La seconde est l'admission : une épreuve pratique de conduite et de mise en situation, accessible seulement à ceux qui ont réussi l'écrit.
Les épreuves écrites se divisent elles-mêmes en deux paquets. D'un côté, un tronc commun partagé avec les deux autres métiers du transport public particulier de personnes (le T3P) : le VTC et le véhicule motorisé à deux ou trois roues (VMDTR). De l'autre, des épreuves spécifiques propres au taxi.
Cette logique de tronc commun a une conséquence pratique : une grande partie de ce que vous révisez (réglementation T3P, gestion, sécurité routière, français, anglais) est identique à celle d'un candidat VTC. Seul le contenu spécifique change vraiment d'un métier à l'autre. Si vous hésitez encore entre les deux voies, le guide Taxi ou VTC : quel métier choisir éclaire ce choix.
Le tronc commun T3P : cinq épreuves
Le tronc commun regroupe cinq épreuves, notées A à E. Chacune a sa durée, son coefficient et sa note éliminatoire. Les chiffres ci-dessous sont ceux fixés par l'arrêté du 6 avril 2017, modifié notamment par l'arrêté du 20 mars 2024.
Épreuve A, réglementation du T3P et prévention des discriminations et des violences sexuelles et sexistes. Durée 45 minutes, coefficient 3, note éliminatoire 6/20. C'est l'une des épreuves au coefficient le plus fort. Elle porte sur le cadre légal du transport de personnes : règles d'accès au métier, obligations du chauffeur, contrôle de l'activité. Depuis l'arrêté du 20 mars 2024, entré en vigueur le 1er avril 2024, le programme intègre la prévention des discriminations (article 225-1 du Code pénal) et la connaissance des infractions à caractère sexuel ou sexiste.
Épreuve B, gestion. Durée 45 minutes, coefficient 2, note éliminatoire 6/20. Comptabilité de base, fiscalité, notions de gestion d'une entreprise individuelle. C'est le socle qui vous servira ensuite au quotidien sous le statut d'artisan taxi.
Épreuve C, sécurité routière. Durée 30 minutes, coefficient 3, note éliminatoire 6/20. Uniquement des questions à choix multiples. Code de la route, comportements à risque, premiers secours, règles de circulation.
Épreuve D, français. Durée 30 minutes, coefficient 2, note éliminatoire 6/20. Compréhension écrite et expression. Un client commande un trajet, donne une adresse, formule une demande : vous devez comprendre et répondre correctement.
Épreuve E, anglais. Durée 30 minutes, coefficient 1, note éliminatoire 4/20. C'est la particularité de cette épreuve : son coefficient est le plus faible et sa note éliminatoire est abaissée à 4/20, contre 6/20 pour les autres. Le niveau attendu reste élémentaire (autour de A2). Quelques échanges simples avec un client anglophone suffisent.
Les épreuves spécifiques au taxi : F et G
Après le tronc commun viennent deux épreuves qui n'existent que pour le taxi. C'est ici que se joue la différence avec le VTC.
Épreuve F, connaissance du territoire et de la réglementation locale. Coefficient 3, note éliminatoire 6/20. Cette épreuve est cruciale et souvent sous-estimée. Le taxi est un métier ancré localement : vous êtes rattaché à une commune ou une zone, votre autorisation de stationnement (ADS) y est attachée, et les tarifs sont fixés localement. L'épreuve teste votre connaissance du territoire où vous comptez exercer : géographie, points d'intérêt, mais aussi règles propres au département.
C'est aussi l'épreuve la plus variable d'un département à l'autre. Les questions sur la réglementation locale dépendent des arrêtés préfectoraux en vigueur. Pour connaître le périmètre exact de ce qui est attendu chez vous, rapprochez-vous de la préfecture et de la CMA de votre département.
Épreuve G, réglementation nationale propre à l'activité de taxi. Coefficient 3, note éliminatoire 6/20. Tout ce qui distingue juridiquement le taxi du VTC : le droit de maraude (la prise en charge d'un client hélé dans la rue, interdite au VTC), l'ADS et la plaque, l'équipement obligatoire, le conventionnement avec l'Assurance maladie. Les guides sur l'équipement obligatoire du taxi et sur le conventionnement CPAM couvrent une bonne partie de ce programme.
Comment se calcule l'admissibilité
Réussir l'examen écrit ne consiste pas à valider chaque épreuve une par une. Le calcul combine deux conditions, qui doivent être remplies en même temps.
Première condition : une moyenne générale d'au moins 10/20, calculée sur l'ensemble des sept épreuves, chacune pondérée par son coefficient. Une bonne note dans une matière à fort coefficient (réglementation, sécurité, territoire) pèse donc plus lourd qu'une bonne note en anglais.
Seconde condition : ne descendre sous aucune des notes éliminatoires. Concrètement, 6/20 minimum à chaque épreuve, sauf l'anglais où le seuil tombe à 4/20. Une seule note sous le plancher vous recale, même si votre moyenne dépasse 10.
Cette double règle explique une erreur classique : miser tout sur quelques matières et négliger le reste. Une épreuve sacrifiée peut suffire à faire échouer. Le détail complet du déroulé, des convocations et du barème figure dans le guide L'examen taxi : épreuves, déroulé et inscription.
L'épreuve pratique d'admission
Une fois déclaré admissible à l'écrit, vous passez l'épreuve pratique. C'est une mise en situation réelle au volant, d'une durée minimale d'environ 20 minutes, avec un examinateur à bord.
Le barème est réparti sur 20 points, autour de quatre blocs : la préparation et la réalisation d'un parcours, la sécurité et le respect du Code de la route (la part la plus lourde), la qualité de la prise en charge et la relation client (accueil, informations touristiques), enfin la facturation et l'utilisation des équipements spéciaux du taxi, dont le taximètre.
La note minimale pour réussir est de 12/20. Point important : toute intervention de l'examinateur sur les commandes du véhicule, pour des raisons de sécurité, entraîne l'ajournement immédiat. La maîtrise du taximètre et de la facturation est un attendu propre au taxi : pour bien comprendre le compteur avant l'épreuve, voyez le guide Comprendre les tarifs taxi et le compteur. Nos conseils détaillés sont rassemblés dans Réussir l'épreuve pratique de l'examen taxi.
En cas d'échec à la pratique, vous gardez le bénéfice de votre admissibilité : un candidat admissible peut se présenter jusqu'à trois fois à l'épreuve d'admission, dans un délai d'un an à compter de la publication des résultats de l'écrit. Au-delà, il faut repasser l'ensemble.
Comment réviser ce programme
Le tronc commun mobilise de la mémorisation (réglementation, gestion) et de la méthode (sécurité, français, anglais). Les épreuves spécifiques F et G demandent surtout de bien connaître le cadre national du taxi et votre territoire d'exercice.
Beaucoup de candidats passent par un centre de formation agréé, surtout pour préparer la conduite et l'épreuve F locale. L'annuaire des centres de formation recense les organismes par région. Cette préparation a un coût, mais elle peut être financée : le guide Financer sa formation taxi : CPF, France Travail et aides fait le tour des dispositifs. Pour estimer votre budget global et votre revenu potentiel une fois en activité, le simulateur donne des ordres de grandeur, et le dictionnaire clarifie les termes techniques (ADS, maraude, taximètre, T3P).
Avant même l'examen, vérifiez que vous remplissez les prérequis : permis, casier, aptitude médicale. Tout est détaillé dans Les conditions pour devenir chauffeur de taxi. Pour une vue d'ensemble du parcours, de la formation à la mise en route, partez de la page Devenir taxi et de l'examen taxi.
À retenir
Le programme se lit en deux temps. D'abord cinq épreuves de tronc commun (A à E), partagées avec le VTC, où la réglementation et la sécurité pèsent le plus. Ensuite deux épreuves taxi (F et G), centrées sur le territoire local et la réglementation nationale du métier. Pour valider l'écrit, il faut à la fois une moyenne pondérée de 10/20 et le respect de chaque note éliminatoire. La pratique se joue ensuite sur 12/20, avec trois tentatives possibles sur un an.
Les coefficients, durées et seuils cités ici proviennent des arrêtés en vigueur. Comme la réglementation évolue et que l'épreuve F dépend du contexte local, confirmez toujours le détail auprès de la CMA et de la préfecture de votre département avant de vous inscrire.
Sources