Devenir chauffeur de taxi se fait par étapes encadrées par l'État. Deux titres se distinguent et il faut bien les séparer dès le départ. Le certificat de capacité professionnelle et la carte professionnelle permettent de conduire un taxi. L'autorisation de stationnement (ADS), elle, permet d'exploiter le véhicule et de prendre des clients sur la voie publique. C'est cette ADS qui sépare le taxi du VTC : seul le taxi a le droit de marauder, c'est-à-dire d'être hélé dans la rue ou de stationner à une borne.

Les conditions pour se présenter

Pour accéder à la profession, il faut d'abord détenir le permis B depuis au moins 3 ans, ou depuis 2 ans en cas de conduite accompagnée (AAC). Le candidat doit aussi produire un bulletin n°2 du casier judiciaire compatible avec l'exercice de la profession. Certaines condamnations (vols, escroqueries, atteintes aux personnes, infractions routières graves) sont éliminatoires.

Une visite médicale est obligatoire. Elle se passe auprès d'un médecin agréé par la préfecture, pas chez votre médecin traitant, via le formulaire cerfa n°14880. La liste des médecins agréés est établie par la préfecture de votre département.

Dernier prérequis : une attestation de formation aux premiers secours PSC1 de moins de 2 ans. Ces conditions sont détaillées sur la fiche officielle service-public.fr.

L'examen, organisé par les CMA

L'accès à la profession passe par la réussite à un examen donnant droit au certificat de capacité professionnelle de conducteur de taxi. Depuis la loi Grandguillaume du 29 décembre 2016, cet examen est organisé par le réseau des Chambres de métiers et de l'artisanat (CMA) et non plus par la préfecture. Le transfert est effectif depuis 2017.

L'examen comporte deux phases. L'admissibilité est théorique : QCM et questions à réponses courtes sur la réglementation du transport, la gestion, la sécurité routière, le français et l'anglais, plus la connaissance du territoire pour les taxis. L'admission est pratique : une mise en situation réelle de course de taxi, avec une phase de conduite en circulation réelle. Le détail des épreuves, de la préparation et des formations est traité dans notre pilier dédié à l'examen taxi.

La carte professionnelle

Une fois l'examen réussi, le candidat obtient le certificat de capacité. La carte professionnelle de conducteur de taxi est ensuite délivrée par le préfet du département. C'est elle qui autorise concrètement à conduire un taxi. Elle est rattachée au département où l'examen a été obtenu. Des frais de dossier s'appliquent, variables selon la préfecture : renseignez-vous auprès de la vôtre pour le montant à jour.

Pour exercer dans un autre département, une formation à la mobilité de 14 heures est requise. Elle est renforcée pour la zone des taxis parisiens. Tout au long de la carrière, une formation continue obligatoire de 14 heures s'impose, à renouveler périodiquement (règle générale : tous les 5 ans) dans un centre agréé. Vous trouverez des organismes près de chez vous dans notre annuaire des centres de formation.

La licence ADS et le choix du statut

Conduire ne suffit pas pour exercer à son compte : il faut aussi accéder à une autorisation de stationnement. Une nouvelle ADS est gratuite mais incessible, et s'obtient via une liste d'attente tenue par la mairie ou, à Paris, la préfecture de police. Une ancienne ADS peut s'acheter, à des prix qui vont de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers d'euros selon la ville. Tout est expliqué dans notre pilier licence ADS.

Reste à choisir comment exercer. Trois modèles existent : artisan propriétaire de son ADS et de son véhicule, locataire-gérant qui loue l'ADS à un titulaire, ou conducteur salarié d'une entreprise de taxi. L'artisan relève d'une activité de nature artisanale, s'immatricule au Registre national des entreprises via le guichet unique INPI, et dépend de la CMA.

Combien ça rapporte

Le revenu net d'un taxi dépend de la zone, du nombre de jours travaillés, du mode d'exercice et du conventionnement avec l'Assurance Maladie. Aucune statistique publique officielle ne consolide un revenu moyen fiable. Les ordres de grandeur observés pour un revenu net mensuel se situent dans une fourchette large, sans valeur officielle. Pour estimer vos charges et votre marge selon votre situation, utilisez notre simulateur.

Le conventionnement CPAM pèse souvent lourd dans l'équation. Il permet de transporter des patients pour le compte de la Sécurité sociale (transport assis professionnalisé). Pour de nombreux taxis ruraux ou péri-urbains, cette activité conventionnée représente la majorité du chiffre d'affaires. Les guides de la rubrique démarches et revenus détaillent ces aspects.

En résumé, le parcours suit toujours le même fil : conditions d'accès, examen CMA, carte professionnelle, puis accès à une ADS et choix d'un statut. Chaque étape renvoie vers une source officielle vérifiable, à consulter avant toute décision.

Le parcours en 6 étapes

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Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour devenir taxi ?

Il n'existe pas de durée unique. Le délai dépend du temps de préparation à l'examen CMA, des sessions disponibles dans votre région, puis de l'instruction de votre dossier par la préfecture pour la carte professionnelle. L'accès à une licence ADS gratuite peut ajouter une attente longue dans les grandes villes, via la liste d'attente. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou préfecture pour les délais locaux.

Quelle est la différence entre taxi et VTC ?

Le taxi détient une autorisation de stationnement (ADS) qui lui permet de marauder : stationner sur la voie publique et prendre des clients sans réservation. Le VTC n'a pas ce droit et travaille uniquement sur réservation préalable. Le taxi est aussi équipé d'un taximètre, d'un lumineux de toit et de tarifs réglementés par arrêté préfectoral, ce que le VTC n'a pas.

Faut-il un diplôme particulier pour devenir taxi ?

Aucun diplôme d'études préalable n'est exigé. Il faut le permis B depuis au moins 3 ans (2 ans en conduite accompagnée), un casier judiciaire compatible, l'aptitude médicale d'un médecin agréé, un PSC1 de moins de 2 ans, puis la réussite à l'examen du certificat de capacité professionnelle organisé par les Chambres de métiers et de l'artisanat.

Peut-on passer du VTC au taxi sans repasser l'examen ?

Il n'existe pas d'équivalence automatique entre la carte VTC et la carte taxi : l'examen taxi reste requis. Toutefois, les deux examens partagent un tronc commun (réglementation du transport, gestion, sécurité routière, français, anglais). Des dispenses sur ces épreuves communes peuvent exister, à vérifier au cas par cas auprès de la CMA.