Le taxi se distingue du VTC sur un point décisif : son prix est réglementé par l'État. Vous ne fixez pas librement le montant de vos courses. Vous appliquez des tarifs plafonds définis chaque année, et c'est le taximètre qui calcule le prix sous les yeux du client. Comprendre ce mécanisme fait partie du tronc commun de l'examen et conditionne votre rapport quotidien aux passagers. Ce guide explique la logique de la tarification, sans entrer dans les chiffres précis de votre département, qui dépendent d'un arrêté préfectoral local.
Si vous découvrez le métier, commencez par la vue d'ensemble dans Devenir taxi et Les conditions pour devenir chauffeur de taxi.
Qui fixe les tarifs du taxi
Le prix d'une course de taxi n'est pas négocié au coup par coup. Il découle d'une chaîne réglementaire à deux étages.
Chaque année, un arrêté ministériel fixe les plafonds nationaux : montant maximal de la prise en charge, du tarif kilométrique, du tarif horaire et de la course minimum. Pour 2026, c'est l'arrêté du 24 décembre 2025, applicable depuis le 1er février 2026.
Ensuite, dans chaque département, un arrêté préfectoral décline ces plafonds en tarifs locaux. C'est le préfet qui fixe les montants réellement applicables chez vous, dans la limite du plafond national. Résultat : la prise en charge à Lyon n'est pas identique à celle de la Lozère.
Point essentiel à retenir pour l'examen : ces tarifs sont des maximums, pas des prix imposés. Vous pouvez accorder une remise à un client. Vous ne pouvez jamais facturer au-delà du tarif affiché au compteur.
Pour les montants exacts de votre zone, la seule source fiable est l'arrêté préfectoral de votre département, consultable sur le site de votre préfecture. Ne vous fiez pas aux chiffres trouvés sur des sites commerciaux : ils sont souvent périmés ou approximatifs.
Les composantes du prix d'une course
Le prix affiché au taximètre se construit à partir de quatre briques.
La prise en charge. C'est un montant forfaitaire facturé dès le début de la course, avant même le premier kilomètre. Il s'affiche dès l'enclenchement du compteur. Pour 2026, l'arrêté ministériel le plafonne à 4,48 € au niveau national.
Le tarif kilométrique. Chaque kilomètre parcouru s'ajoute au prix. Le plafond national 2026 est de 1,30 € le kilomètre. Le compteur bascule sur ce calcul dès que le véhicule roule à vitesse normale.
Le tarif horaire. Quand le taxi est à l'arrêt ou roule à faible vitesse (bouchons, attente demandée par le client), le taximètre ne compte plus au kilomètre mais au temps écoulé. Le plafond national 2026 du tarif horaire est de 42,15 €.
La course minimum. Quel que soit le détail du calcul, une course ne peut être facturée en dessous d'un montant plancher, suppléments éventuels exclus. Ce minimum de perception est fixé à 8,00 € pour 2026, parisien comme provincial.
Ces quatre montants sont des plafonds nationaux. Votre arrêté préfectoral peut retenir des valeurs inférieures.
Lire le taximètre : les tarifs A, B, C, D
Sur le cadran du taximètre, vous verrez s'afficher une lettre : A, B, C ou D. Ces lettres ne sont pas décoratives. Elles correspondent à des combinaisons tarifaires différentes, et le bon réflexe consiste à enclencher le bon tarif au bon moment.
La logique repose sur deux variables.
Le moment de la course. Tarif de jour ou tarif de nuit, jour ouvré ou dimanche et jours fériés. Les plages horaires précises sont définies par l'arrêté préfectoral.
Le sens de la course. Course en charge dans les deux sens (le client est ramené, ou vous repartez avec un autre client) ou course avec retour à vide (vous devez revenir sans passager, ce qui justifie un tarif kilométrique plus élevé).
En croisant ces deux variables, on obtient classiquement :
- Tarif A : jour, course en charge au retour (le moins cher au kilomètre)
- Tarif B : nuit, dimanche et jours fériés, course en charge au retour
- Tarif C : jour, retour à vide
- Tarif D : nuit, dimanche et jours fériés, retour à vide (le plus cher au kilomètre)
L'attribution exacte des lettres et les horaires associés relèvent de votre arrêté préfectoral. Vérifiez-les pour votre département. Appliquer un tarif de nuit en plein jour est une infraction sanctionnable, et appliquer un tarif jour la nuit vous fait perdre du chiffre d'affaires. La maîtrise de ces tarifs est régulièrement évaluée, comme l'expliquent nos guides sur le programme de l'examen et l'épreuve pratique.
La lettre de contrôle et la mise à jour annuelle
Chaque année, après actualisation des tarifs, une lettre de couleur est apposée sur le cadran du taximètre. Elle prouve que l'appareil a été mis à jour et vérifié.
Pour 2026, c'est la lettre L de couleur verte. Cette lettre n'a rien à voir avec les tarifs A, B, C, D : elle sert uniquement de repère de conformité pour les contrôles.
Concrètement, dès qu'un nouvel arrêté tarifaire entre en vigueur, vous disposez d'un délai (deux mois en pratique) pour faire reprogrammer votre taximètre par un réparateur agréé et obtenir cette lettre de contrôle. Tant que l'appareil n'est pas à jour, vous restez sur l'ancien tarif sans pouvoir appliquer la hausse. Le taximètre est un instrument de mesure réglementé, soumis à vérification périodique par un organisme agréé. Le détail des obligations matérielles est traité dans L'équipement obligatoire du taxi.
Suppléments, péages et forfaits
Au-delà du calcul de base, certains montants peuvent s'ajouter, dans les limites fixées par l'arrêté préfectoral.
Les suppléments. Bagages, passager supplémentaire au-delà d'un certain nombre, prise en charge dans une gare ou un aéroport : ces suppléments existent mais leur nature et leur montant varient d'un département à l'autre. N'inventez jamais un supplément qui ne figure pas dans votre arrêté local.
Les péages. Les frais d'autoroute engagés pendant la course peuvent être refacturés au client, sur justificatif.
Les forfaits. Sur certains trajets, notamment des liaisons aéroport, un tarif forfaitaire peut être prévu. Quand un forfait s'applique, il remplace le calcul au compteur. À Paris, des forfaits aéroports existent par exemple pour les liaisons avec les deux grands aéroports. Vérifiez ce qui est applicable dans votre zone : tout dépend là encore de la réglementation locale.
Le taximètre doit tourner, même en cas de prix convenu
Une règle souvent mal comprise : le taximètre doit être enclenché pendant toute la course, même si vous avez convenu d'un prix à l'avance ou accordé une remise.
La raison est simple. Le compteur sert de référence. Il permet au client de vérifier que la remise annoncée est réelle et que le prix final ne dépasse pas le tarif réglementaire. Couper le compteur, c'est s'exposer à une sanction.
À la fin de la course, vous devez remettre une note, éditée par l'imprimante connectée au taximètre. Cette note indique le prix à payer et les éléments de la course. Elle est obligatoire au-dessus d'un certain montant et systématiquement si le client la demande. Vous devez aussi disposer d'un terminal de paiement par carte bancaire en état de marche, et afficher vos tarifs de façon visible dans le véhicule.
Ce que cela change pour votre activité
Comprendre la tarification n'est pas qu'une question d'examen. C'est le cœur de votre modèle économique. Le bon tarif enclenché au bon moment, c'est du chiffre d'affaires préservé. Une erreur répétée de tarif, c'est de l'argent perdu sur chaque course de nuit ou de retour à vide.
Pour estimer ce que ce cadre tarifaire peut représenter en revenu, croisez-le avec votre zone et votre volume de courses grâce au simulateur. Et pour situer ces revenus dans l'ensemble du modèle, consultez Combien gagne un chauffeur de taxi et Charges et cotisations du chauffeur de taxi.
Cette tarification réglementée est aussi l'un des grands marqueurs qui séparent le taxi du VTC, dont les prix sont libres. Si vous hésitez encore entre les deux métiers, lisez Taxi ou VTC : quel métier choisir. Le métier de taxi suppose en effet une autorisation de stationnement : voyez La licence ADS taxi et le guide pour acheter une ADS.
À retenir
Le prix du taxi repose sur quatre composantes (prise en charge, kilomètre, tarif horaire, course minimum), encadrées par un plafond national annuel et déclinées localement par le préfet. Le taximètre calcule tout en temps réel, le bon tarif A, B, C ou D doit être enclenché selon l'heure et le sens de la course, et une lettre de couleur (L verte en 2026) atteste de la mise à jour annuelle. Pour les montants exacts applicables chez vous, une seule référence : l'arrêté préfectoral de votre département.
Pour aller plus loin sur les démarches d'installation, parcourez l'annuaire des centres de formation, révisez les termes techniques dans le dictionnaire, et préparez l'examen avec L'examen taxi : épreuves, déroulé et inscription ainsi que Financer sa formation taxi.
Sources