Comprendre le métier avant de se lancer
Le taxi n'est pas un VTC. C'est la première chose à intégrer avant toute reconversion. Le taxi peut prendre des clients à la volée dans la rue (la maraude) et stationner sur des emplacements réservés. Il dispose d'un compteur (le taximètre), d'un lumineux sur le toit et d'une plaque rattachée à une autorisation de stationnement. Il peut aussi se conventionner avec l'Assurance Maladie pour transporter des patients. Le VTC, lui, travaille uniquement sur réservation préalable.
Si vous hésitez encore entre les deux statuts, comparez-les avant d'engager des frais : Taxi ou VTC : quel métier choisir. Le vocabulaire technique du secteur (maraude, ADS, taximètre, TAP) est expliqué dans le dictionnaire.
Les conditions d'accès à vérifier en premier
Avant de payer une formation, assurez-vous de remplir les conditions de base. Elles sont nationales et vérifiées par l'administration.
- Permis B en cours de validité, hors période probatoire. Un permis tout neuf ne suffit pas.
- Casier judiciaire compatible avec la profession (le bulletin n°2 est consulté par la préfecture).
- Visite médicale auprès d'un médecin agréé par la préfecture, qui atteste de votre aptitude physique à conduire un véhicule de transport de personnes.
- Attestation de premiers secours (PSC1) en cours de validité.
Ces points de contrôle sont détaillés dans notre guide dédié : Les conditions pour devenir chauffeur de taxi. Le portail de référence reste la fiche officielle sur service-public.gouv.fr.
Étape 1 : réussir l'examen de capacité professionnelle
Pour exercer, vous devez obtenir le certificat de capacité professionnelle de conducteur de taxi. Depuis 2017, cet examen est organisé par les Chambres de Métiers et de l'Artisanat (CMA), dans le cadre de l'examen commun aux professions du transport public particulier de personnes (le T3P : taxi, VTC, VMDTR).
L'examen comporte deux blocs. Une partie écrite d'admissibilité, avec un tronc commun aux trois métiers (réglementation du transport, sécurité routière, gestion d'entreprise, français, anglais) et une épreuve spécifique taxi (réglementation locale, tarification, sécurité). Puis une épreuve pratique d'admission : la conduite réelle d'une course, taximètre à l'appui, évaluée par un examinateur.
Le détail des épreuves et leur déroulé sont décrits ici : L'examen taxi : épreuves, déroulé et inscription. Le contenu précis du tronc commun et de la partie taxi est présenté dans Le programme de l'examen taxi. Pour la conduite, qui fait souvent peur aux candidats, lisez Réussir l'épreuve pratique de l'examen taxi.
L'inscription se fait sur la plateforme nationale examenT3P.fr, mise en service dans sa version actuelle fin 2025. Les frais d'inscription sont fixés au niveau national et varient selon les épreuves passées : à titre indicatif, l'examen complet se situe autour de 240 euros début 2026, avec des montants réduits si vous ne passez qu'une partie (admission seule, par exemple). Le nombre de tentatives à l'épreuve pratique est encadré dans le temps après l'obtention de l'écrit. Vérifiez le tarif exact en vigueur au moment de votre inscription sur la plateforme.
Faut-il suivre une formation en centre ?
La formation n'est pas obligatoire : vous pouvez vous présenter à l'examen en candidat libre. En pratique, beaucoup de personnes en reconversion passent par un centre, surtout pour la réglementation et la conduite. Les durées varient fortement selon les organismes et votre niveau de départ.
Côté budget, comptez un ordre de grandeur de 1 500 à 2 000 euros pour un cursus complet en centre, selon la région et le programme. Ces prix sont fixés librement par chaque école, donc demandez plusieurs devis. Vous pouvez comparer les organismes dans l'annuaire des centres de formation.
Bonne nouvelle pour le financement : la formation taxi est éligible au CPF, et d'autres aides existent selon votre situation (demandeur d'emploi, salarié en reconversion). Le détail des dispositifs est dans Financer sa formation taxi : CPF, France Travail et aides.
Étape 2 : la carte professionnelle
Une fois le certificat obtenu, vous demandez votre carte professionnelle auprès de la préfecture du département où vous comptez exercer. C'est elle qui vous autorise officiellement à conduire un taxi. La carte mentionne votre département de rattachement.
À noter : une fois en activité, vous devrez suivre une formation continue obligatoire de 16 heures tous les 5 ans, auprès d'un organisme agréé, pour conserver votre droit d'exercer. C'est une contrainte récurrente à intégrer dans votre projet sur le long terme.
Étape 3 : l'autorisation de stationnement (ADS), le vrai nerf de la guerre
Avoir la carte ne suffit pas pour rouler à son compte. Il faut une autorisation de stationnement, communément appelée licence de taxi. C'est elle qui donne le droit de stationner et de marauder sur une commune donnée. Sans ADS, vous ne pouvez exercer qu'en tant que salarié ou locataire d'un titulaire.
Il existe trois voies pour obtenir une ADS, et leurs règles diffèrent depuis la réforme de 2014.
- L'ADS gratuite. Les communes délivrent gratuitement des autorisations, dans l'ordre chronologique d'une liste d'attente tenue par la mairie. C'est la voie la moins chère, mais les délais d'attente peuvent être très longs dans les grandes villes. Démarche détaillée : Obtenir une ADS gratuite : liste d'attente et démarches.
- L'achat d'une ADS ancienne. Les autorisations délivrées avant le 1er octobre 2014 restent cessibles : vous pouvez en racheter une à un titulaire qui cesse son activité. Les prix dépendent fortement de la commune. Voir Acheter une ADS de taxi : prix, financement, démarches.
- La location-gérance. Vous louez l'ADS d'un titulaire et lui versez un loyer mensuel. C'est souvent la porte d'entrée la plus rapide quand on débute. Détails dans Louer une ADS : le statut de locataire-gérant.
Point réglementaire important : les ADS délivrées depuis le 1er octobre 2014 sont incessibles (elles ne peuvent pas être revendues) et doivent être renouvelées tous les 5 ans. Seules les anciennes autorisations restent vendables. Les conditions précises de cession sont locales : renseignez-vous auprès de la mairie et de la préfecture. La vue d'ensemble est rassemblée dans le pilier Licence ADS taxi.
Étape 4 : choisir son statut et s'installer
Pour exercer à votre compte, vous créez le plus souvent une entreprise sous le statut d'artisan taxi, avec immatriculation au répertoire des métiers. Le fonctionnement de ce statut est expliqué dans Le statut d'artisan taxi : création et fonctionnement.
Côté finances, anticipez les charges. Les cotisations sociales, l'assurance professionnelle, le carburant, l'entretien et l'éventuel loyer de l'ADS pèsent lourd. Le détail est dans Charges et cotisations du chauffeur de taxi, et une estimation de revenus dans Combien gagne un chauffeur de taxi. Pour tester un scénario chiffré adapté à votre situation, utilisez le simulateur.
Étape 5 : le véhicule et l'équipement
Le taxi doit être équipé d'un matériel réglementaire : taximètre, lumineux, plaque, imprimante de tickets, terminal de paiement. Tout est listé dans L'équipement obligatoire du taxi. Le choix du véhicule, qui détermine votre confort et vos coûts, est traité dans Quel véhicule choisir pour être taxi.
La tarification mérite une attention particulière. Les tarifs taxi sont encadrés par des arrêtés préfectoraux, donc ils varient d'un département à l'autre et sont révisés régulièrement. Le fonctionnement du compteur est expliqué dans Comprendre les tarifs taxi et le compteur. Pour les montants exacts applicables chez vous, référez-vous toujours à l'arrêté de votre préfecture.
Aller plus loin : le conventionnement CPAM
Une part importante du chiffre d'affaires de nombreux taxis vient du transport de patients pour le compte de l'Assurance Maladie. Pour cela, il faut se conventionner avec la CPAM. L'accès est soumis à une condition d'ancienneté d'exploitation de l'ADS (de l'ordre de 2 à 3 ans selon la date de création de l'autorisation), parmi d'autres critères vérifiés par la caisse locale.
Le mode d'emploi est dans Se conventionner avec la CPAM, et l'activité elle-même dans Le transport assis professionnalisé (TAP).
Récapitulatif du parcours
Dans l'ordre : vérifiez les conditions d'accès, préparez et réussissez l'examen, obtenez la carte professionnelle, sécurisez une ADS (gratuite, achat ou location), choisissez votre statut, équipez votre véhicule. Pour une vue d'ensemble structurée, partez du pilier Devenir taxi, puis approfondissez l'examen. Et gardez en tête une règle simple : tout ce qui touche aux tarifs, aux délais d'ADS et aux exigences locales se vérifie auprès de votre préfecture et de votre mairie, jamais en supposant.
Sources